Envie de paysages préservés ? Besoin d’explorer un patrimoine culturel protégé ? Ne cherchez plus : 12 Parcs naturels régionaux français offrent un dépaysement exceptionnel et feront la joie des petits et des grands. Partez à la découverte des parcs naturels français.
Ni sanctuaires, ni réserves inviolables, les parcs naturels régionaux (ou PNR) associent la préservation des paysages et de la vie sauvage à des actions innovantes de développement économique, social et culturel.
Ce sont aussi des lieux permettant de valoriser des terroirs et des modes de vie traditionnels. Les parcourir, c’est ressentir toute la richesse géographique, écologique et patrimoniale de la France : pics, landes, tourbières, plages, bocages, marais, volcans, vallées, forêts... mais aussi châteaux, écomusées, maisons d’artisans, architecture traditionnelle, sentiers de randonnée.
Au nombre de 44, ces parcs couvrent des étendues très variées - de 24 500 hectares pour le PNR de la Haute-Vallée de Chevreuse à 395 070 hectares pour le PNR des Volcans d’Auvergne.
Les premiers parcs sont nés en 1967, à la grande époque de "l’aménagement du territoire" et, depuis, la famille s’agrandit régulièrement, portée par la vague de l’écotourisme et du tourisme vert.
En 2004, deux nouveaux PNR sont venus grossir la liste (Pyrénées catalanes et Mille-vaches en Limousin) et dix autres projets sont en cours.
Répondant à une charte précise qui fixe des objectifs à atteindre, des missions à accomplir : protection et gestion des paysages, aménagement du territoire, accueil et information du public, développement économique, les PNR sont une merveille d’équilibre entre les besoins de l’homme et le respect de la nature.
Nous en avons sélectionné 12, tous très différents mais tous aussi accueillants.
Créé en 1985, il s’étend sur 24500 ha sur 21 communes.
A 40 km au sud-ouest de la capitale, ce parc naturel régional des Yvelines affiche fièrement sa ruralité et compte près de 40 % d’étendues boisées, dont une partie de la forêt de Rambouillet. Ailleurs se déploient des plateaux agricoles, agrémentés de hameaux et de fermes, en meulière ocre et rose, des vallées encaissées et des coteaux, traversés par l’Yvette ou encore les étangs et rigoles créés par Vauban.
Le poumon vert des Parisiens jouit avant tout d’un patrimoine architectural remarquable.
A découvrir :
L’élégant château de Dam-pierre (XVème siècle) ; L’abbaye cistercienne des Vaux-de-Cernay (Xème siècle) et son parc L’abbaye de Port-Royal-des-Champs, le domaine de Breteuil, de style Louis XII, les lavoirs et ponts de l’Yvette.
De superbes panoramas sauvages entre monts et marées, îles et presqu’îles
Crée en 1969, il s’étend sur 112000 ha terrestre, 60 000 ha maritimes, sur 43 communes
Le plus occidental des parcs naturels régionaux français présente deux visages, l’un terrestre, l’autre maritime, d’où son étonnante diversité d’ambiances et de paysages. A l’est, les monts d’Arrée, sources de moultes légendes, couverts de landes et d’étangs, culminant à 330 m d’altitude. A l’ouest, la bucolique presqu’île de Crozon offrant de superbes vues sur la mer d’Iroise et ses îles : Ouessant, Molène et Sein. Ici, le patrimoine honore la culture bretonne, depuis les nombreux écomusées jusqu’aux monuments de culte (abbayes, calvaires érigés en¬tre 1450 et 1650...).
A découvrir :
La lilliputienne île de Sein qui vit au rythme de la pêche et de la récolte du goémon, Molène et Ouessant qui se visitent à pied ou à vélo, le Centre d’interprétation des phares et balises, à Ouessant, la rade de Brest, la maison Cornée, l’écomusée des Monts d’Arrée, l’abbaye du Relec (XIIème siècle) et celle de Landévennec (Vème siècle), les pardons et fest-noz.
Crée en 2004, il s’étend sur 138 000 ha, 64 communes
A la découverte d’une montagne magique à bord du train Jaune
Le 43e parc labellisé s’étend jusqu’aux limites de l’Espagne, regroupant 3 petites régions à forte personnalité : la Cerdagne, le Capcir et le Haut-Confient.
Situé entre 300 et 3000 m d’altitude, il est une belle transition entre paysages méditerranéen et montagnard, marquée par une forêt croissante (elle se caractérise notamment par des pins à crochets et sylvestres, des chênes verts et pubescents). La ligne du train Jaune (la plus haute de France) traverse le parc sur 62 km, depuis 1910.
Fleuron du tourisme, celle-ci croise de superbes ouvrages d’art (viaducs, ponts suspendus...) dont certains classés aux Monuments historiques, des paysages remarquables également protégés en tant que sites classés ou réserves naturelles (au nombre de sept).
A découvrir :
Le parcours du train Jaune et ses 650 ouvrages d’art dont 19 tunnels et 2 viaducs étonnants « Mont-Louis et Ville-franche-de-Conflent, deux places-fortes que Vauban marqua de son sceau ; Les fours solaires de Mont-Louis et d’Odeillo, laboratoires du CNRS ; Les bains d’eau chaude « L’abbaye de Saint-Martin-du-Canigou fondée au XIème siècle ; Les nombreux lacs (la Bollosa à 2017 m, Ran-sol et Serrara à 2 600 m).
Crée en 2004, 31 400 ha, 113 communes
Au pays des mille sources
Le dernier-né des PNR accueille d’innombrables sources (Vienne, Creuse, Vézère, Corrèze, Tau-rion... ) dans un paysage de landes, de tourbières et de forêts de résineux. De quoi taquiner vairon, goujon et truite fario...
Cette moyenne montagne granitique est aussi le moins peuplé des PNR.
Le balisage de sentiers de randonnées vient valoriser un patrimoine architectural dominé par le granit : granges étables, fours à pain, fontaines de dévotion, croix, bergeries.
A découvrir :
Le lac touristique de Vassivière ; « La cité gallo-romaine des Cars sur Saint-Merds et Pérols ; Le menhir de Bonne-fond « L’abbaye bénédictine ; Le musée Vazeilles à Meymac ; Les croix du col des Géants, de Meymac, de Peyrelevade...
Crée en 1986, 322 000 ha, 180 communes
Deux massifs pour une vallée
C’est l’un des plus grands parcs mais il est éclipsé par son puissant voisin des Volcans d’Auvergne. Peu fréquenté, il présente, à l’est, les Hautes Chaumes des monts du Forez (1500 m) aux allures de landes boréales et, à l’ouest, les monts du Livradois, ponctués de buttes de basaltes, de lacs de lave et de monts en granit blond. Entre les deux, la vallée de la Dore est réputée pour son artisanat de papier, de chapelets, de couteaux, et pour sa fourme d’Ambert.
A découvrir :
L’abbaye de la Chaise-Dieu ; Les postes de vigie (un millier) à l’ouest du Livradois ; « Les Hautes Chaumes du Forez à découvrir à pied ou à ski de fond.
Crée en 1970, 85 000 ha terrestre, 34 000 ha maritime, 2 communes
Au cœur d’une terre amphibie, paradis des chevaux et des oiseaux
Entre marais et lagunes, rizières et salines, le parc naturel régional de la Camargue préserve une terre sauvage née du mariage de la mer et du delta du Rhône.
Sa spécificité ? Des écosystèmes fragiles et protégés, où s’épanouit une très riche avifaune (aigrette, bihoreau gris, butor étoile, colvert, foulque, sterne, avocette ou encore flamant rose). Mais aussi ses terres basses, appelées sansouires, recouvertes de salicornes, et qui favorisent l’élevage des taureaux et des chevaux.
Deux fortes identités à découvrir dans ce parc, notamment lors des fêtes tauromachiques ou des pèlerinages gitans.
A découvrir :
La vie d’une manade (troupeau de taureaux et de chevaux) ; Une croisière sur le petit Rhône ; Les marais à cheval ; Le parc ornithologique du Pont-de-Gau et ses sentiers-découvertes ; Le musée de la Camargue dans la bergerie du Mas-de-Rousty ; L’étang de Vaccarès et sa "digue à la mer"
de 20 km ; Les marais salants de Salin-de-Giraud...
Crée en 1996, 235 000 ha, 136 communes
La Loire pour fil conducteur
Ici, la Loire a creusé les vallées, modelé les coteaux, dessiné les contours des vignes et des forêts. Avec l’Authion, le Cher, l’Indre, le Thouet et la Vienne, ce pays de confluences s’étend entre Tours et Angers.
Un pays marqué d’abord par ses châteaux mais le parc jouit aussi d’un biotype sans égal et d’un patrimoine bâti particulier, articulé autour du tuffeau (pierre calcaire blanche) et de l’ardoise. On peut y visiter de nombreuses caves et galeries troglodytiques.
A découvrir :
Les châteaux de la Loire ; Les moulins-tours de la vallée de l’Authion ; Les vignobles (Saumur, Champigny, Saint-Nicolas-de-Bourgueil...) ; Les quatre restaurants de "fouées" (pain farci).
Crée en 1968, 130 000 ha, 152 communes
Le Nord, entre mer et marais
Né de la fusion des parcs du Boulonnais et de l’Audomarois, ce PNR allie bocage et bords de mer du premier et marais du second. Sa façade littorale, aux délicieux villages de pêcheurs, est riche en milieux naturels (dunes, estuaires, baies, falaises...) et en sites ornithologiques.
A l’intérieur, il alterne massifs forestiers et bocage. L’Audomarois, lui, se caractérise par ses moulins et son marais, le dernier cultivé de France avec sa luxuriante végétation.
A découvrir :
Les caps Gris-Nez et Blanc-Nez ; La réserve naturelle du Romelaëre ; L’ascenseur à bateaux des Fontinettes (1887) ; La Tour de l’horloge à Guines ; Les chemins d’eau (water-gangs) et de terre du marais.
Crée en 2003, 80 000 ha, 20 communes
Des châteaux cathares mais aussi des plages, des salins
Innombrables sont les richesses naturelles et patrimoniales de ce parc : des kilomètres de plages de sable fin, ensoleillées 310 jours par an, le massif de la Clape, immense "caillou" de calcaire (15000 hectares) dont les falaises sont connues des amateurs de varappe, le plateau de Leucate et les Corbières, appréciés pour leurs châteaux cathares et leurs vignes... et, bien sûr, les vastes salins de l’Aude, aires naturelles de reproduction des oiseaux migrateurs.
Tous ces éléments génèrent une extraordinaire diversité de la faune et de la flore, aujourd’hui classées et protégées.
A découvrir :
Narbonne ; L’abbaye de Font-froide ; Le château de Lastours ; « La miellerie des Clauses ; Le musée de la flore et de la faune sauvage à Boutenac ; Les salins de Saint-Martin à Gruissan ; Le sentier de planches (2 km) entre la saline et les étangs du Doul et de Bages-Sigean ; Le canal de la Robine et la fameuse voie domitienne.
Crée en 1975, 122 000 ha, 113 communes
Grès rose et forêts profondes
A cheval entre l’Alsace et la Lorraine, ce parc évoque un Canada en miniature, associant des lacs silencieux, des collines couvertes de denses forêts de sapins et feuillus et des pitons de grès vosgien, aux tons rosés.
En 1989, l’Unesco a attribué le label "réserve de la Biosphère" saluant une faune et une flore très riches. C’est aussi le fief des maîtres-verriers et d’une trentaine de châteaux forts, érigés entre 1250 et 1350.
A découvrir :
La maison du Verre et du Cristal de Meisenthal ; Les 18 musées du Parc ; La citadelle de Bitche ;
Les sentiers de randonnée (1600 km) balisés par le Club Vosgien ; Les vergers...
Crée en 1995, 81 000 ha, 58 communes
Dans les verts pâturages
Bien que peu étendu, ce PNR arbore un paysage contrasté : tranchantes falaises à l’ouest et vigoureux sommets regardant les Alpes. L’eau et le temps ont sculpté là un riche réseau de galeries et de gouffres, chers aux spéléologues. Enfin, en son cœur, de vertes vallées, traversées par le Chéran, classée rivière piscicole pour sa richesse en truites, offrent un visage résolument agreste, ponctué de vergers et de vignobles.
A découvrir :
Le Châtelard et ses artisans d’art ; La vue sur les Alpes et le lac du Bourget depuis le plateau du Revard ; L’abbaye de Tamié ; Les sites de Viuz et de Thovey ; Le musée de la Cloche à Sévrier...
Crée en 1972, 375 000 ha, 143 communes
Des contrastes de toute beauté
Si la Corse est appelée "île de Beauté", elle le doit, en grande partie, aux actions du PNR.
Couvrant plus du tiers de l’île, il englobe et protège les plus beaux sites naturels.
Sur la façade maritime, se dévoilent le golfe de Porto (inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco), les calanques de Piana et la réserve naturelle de Scandola (919 ha de terre et 1000 ha de mer).
Au cœur de l’île, contraste absolu avec, au nord, les plus hauts sommets - jusqu’à 2 622 m - et, au sud, les aiguilles de Bavella. Le parc protège activement les espèces animales (mouflon, cerf de Corse, sanglier, aigle royal) ou végétales (ancolie de Bernard, immortelle des frimas, robertie faux-pissenlit) et surveille les écosystèmes fragiles. Il contribue à redynamiser l’intérieur en ba¬lisant 1500 km d’itinéraires de randonnée, dont le GR 20, et œuvre pour la sauvegarde des bergeries traditionnelles.
A découvrir :
Les lacs glaciaires de Melu et de Capitellu (1700 m d’altitude) ; L’avifaune de Scandola, en bateau ; Corte ; Le site de Cucuruzzu, ancien "village" de l’âge de bronze ; Les aiguilles acérées de Bavella ; Le GR 20 (200 km) empruntant les sentiers de transhumance...