L’arrivée de Cortès au Mexique, la victoire contre les Aztèques et la prise de contrôle du territoire mexicain par les espagnols. Découvrez toutes les grandes phases de cette partie de l’histoire du Mexique.
La conquête espagnole du Mexique commença lorsque Hernàn Cortès, à la tête de seulement 550 hommes, arriva sur la côte près de l’actuelle Veracruz le 21 avril 1519.
L’indécision du roi aztèque Montezuma à s’opposer à l’arrivée des navires espagnols, car ses espions l’avaient averti longtemps à l’avance, s’explique par l’influence importante que les présages avaient sur lui, et l’arrivée de Cortès coïncida avec la date à laquelle le retour de Quetzalcoatl avait été prédit.
Les envahisseurs avaient la peau claire et la barbe, tout comme Quetzalcoatl, et étaient venus de l’est, c’est à dire du côté où il avait disparu : tout cela fit qu’il les accueillit avec des dons en or et en argent ce qui suscita la convoitise des espagnols.
En moins de trois ans les espagnols réussirent, par la suite, avec diverses expéditions, à vaincre les Aztèques et à effectuer un contrôle efficace sur la plus grande partie du Mexique.
A leur extermination, plus encore que l’épée et les canons contribuèrent les maladies provenant d’Europe comme la variole et la phtisie.
Avec les vies humaines (en 1519, à l’arrivée de Cortès, les indigènes étaient 25 millions, 17 millions en 1532 et seulement 2 millions en 1580) même la culture des populations précolombiennes fut effacée, inaugurant le territoire de la Nouvelle Espagne, avec la nomination de Cortés comme gouverneur.
Commencèrent ainsi 300 ans de domination espagnole directe pendant lesquels furent construites des centaines de villes sur le style espagnol, avec une plaza entourée d’un réseau de rues, des milliers d’églises, souvent dans des lieux sacrés pour les Indios comme au sommet de leurs pyramides (jusqu’en 1800 au Mexique il y en avait 12.000) et l’arrivée qui suivit, en 1524, des premiers moines franciscains pour la conversion catholique de la population.
L’Eglise, qui initialement avait défendu les droits des indigènes souvent réduits à de véritables esclaves et utilisés pour construire de nouvelles villes, par la suite s’intéressa de moins en moins à la conservation de leur culture et à l’éducation de leurs enfants, leur préférant l’argent et la richesse du Pays.
Au XVIIème siècle l’Eglise possédait la moitié du territoire mexicain, mais se développèrent aussi les haciendas, les vastes propriétés d’une petite classe de riches propriétaires espagnols.
Le Mexique devint ainsi une des plus riches colonies espagnoles, et ceci dura jusqu’au début du XIXème siècle, lorsque commença le déclin de l’Espagne comme puissance mondiale.
En 1767, Carlo III expulsa les Jésuites du Mexique, devenus trop puissants, provoquant des ressentiments auprès des fidèles et du bas clergé.
En 1804 la Couronne confisqua les biens de l’Eglise. Mais ce fut l’invasion de l’Espagne de la part de la France qui provoca l’étincelle, car les colonies en Amérique latine refusèrent de reconnaître le régime de Napoléon Bonaparte.
Et ce fut à ce moment là que les premiers leaders du mouvement pour l’Indépendance émergèrent : Père Miguel Hidalgo y Costilla, un prêtre créole, et Ignacio Allende, un officier de l’armée dissidente.
Le 16 septembre 1810, au cri de "viva México" prononcé par Hidalgo sur les gradins de son église à Dolores, une foule de indios et mestizos se réunit derrière le drapeau et conquit rapidement les villes de San Miguel, Guanajuato commençant à marcher sur la capitale.
Mais au printemps 1811 l’armée de Hidalgo, composée de nombreux hommes mais indisciplinés, se désagrégea avec la même rapidité avec laquelle elle s’était constituée favorisant la capture de Hidalgo, d’Allende et des autres leaders qui furent exécutés.
De nombreux mestizos et la plus grande partie de la population indigène restèrent toutefois dans un état de révolte, et, en 1821, après l’introduction de réformes libérales en Espagne sur le genre justement de celles que craignaient les classes gouvernementales mexicaines, Augustin de Iturbide, un général meztizo, unit ses troupes à celles de Guerrero et proposa le Plan Iguala aux autorités espagnoles qui n’étaient pas en mesure de refuser ; le Mexique proclama alors son indépendance.
A la naissance de la République, en 1824, suivirent des années d’anarchie tandis que l’économie s’écroulait.
Entre 1833 et 1855 s’alternèrent jusqu’à 36 présidences, 11 desquelles soutenues par le général Santa Ana.
En 1835 l’abolition de l’esclavage provoqua la réaction du Texas qui se sépara du Mexique et commença la guerre USA-Mexique (1845) qui se terminera avec la cession de la Californie et de New Mexico pour 15 millions de dollars seulement.
Successivement la vente en 1855 du territoire de l’Arizona entraîna une révolution et la déposition de Santa Ana.
Entre temps une nouvelle génération grandissait qui n’avait connu qu’un Mexique indépendant et avait vécu l’humiliation provoquée par les USA, mais qui surtout identifiait en l’Eglise son ennemi, plus riche et plus puissant qu’un quelconque gouvernement légitime.
C’est ce qui provoca le début des guerres de la réforme entre les libéraux de Benito Juàrez et les conservateurs soutenus par l’Eglise, qui finit en 1861 par le triomphe de Juàrez.
Après sa mort, en 1872, le Pays connut pendant presque 40 ans la soi-disant " dictature constitutionnelle" du général Porfirio Diaz ; avec l’exil de ce dernier en 1911, la parole reviendra aux armes et aux luttes révolutionnaires de Pancho Villa et de Emiliano Zapata.
Le premier, voleur de bétail et bandit au temps de Diaz, se battait surtout par intérêt personnel ; le second fut peut-être le seul véritable révolutionnaire dans le long conflit successif ; son cri de bataille Tierra y Libertad (Terre et Liberté) et son insistance sur le fait qu’il "vaut mieux mourir debout qu’à genoux" en ont fait une figure vénérée parmi les paysans.
A partir de 1920 débute l’ère d’un Mexique moderne.