Visitez Asilah, une ville chargée d’histoire et hors des sentiers touristiques traditionnels, une ville blanche berceau de la culture marocaine marquée par l’empreinte espagnole qui saura vous séduire. Ne manquez pas le Festival international d’Asilah, le Moussem, et visitez sa médina.
« Zaila » ou « Azayla » comme le prononcent les « zaylachis », les habitants de la région, est une petite ville située sur la côte atlantique à 40 Km au Sud-ouest de Tanger.
Elle incarne à elle seule un espace de communication sur le monde et les cultures et s’affirme sous sa propre identité.
Prenez le temps de connaître son histoire avant de visiter la ville et ses alentours, imprégnez- vous de son ambiance typique et de l’accueil chaleureux de ses habitants.
Et, n’hésitez pas à essayer la gastronomie locale... Vous en serez enchantés !
Asilah n’est qu’un nouvel épisode inédit marocain parmi d’autres révélant un passé chargé en histoire. Certains historiographes diront que la Fondation d’Asilah est attribuée aux Phéniciens, carthaginois et romains. Thèse qui peut être affirmée par certaines découvertes archéologiques récentes.
En 1471, les portugais s’en emparent avec près de 500 vaisseaux et 30000 soldats pour la conquérir. Ils l’entourent de murailles selon leur tradition.
La ville devient dès lors un grand comptoir commercial, stratégique et important.
Plus tard, elle tombe sous les mains espagnoles avant d’être libérée par le sultan Saâdien Ahmed El Man-sour en 1589. Mais les espagnols n’en restent pas là et la reprennent à nouveau jusqu’à sa libération par Moulay Ismaîl en 1691.
En 1906, elle devient le fief du fameux Raïssouni, connu pour ses pratiques de rapt à Tanger qui lui ont servi de fonds de commerce fort rentable.
A son actif, l’enlèvement du britannique Walter Harris, journaliste du Times, celui d’un riche américain et bien d’autres personnalités de l’époque... Déclaré hors-la-loi après de longues années de pouvoir, cet effrayant personnage finira ses jours en prison en 1925. Son arrestation ayant été décrétée par Abdeikrim Khattabi, une grande figure dans l’histoire du Maroc puisqu’il est l’un des premiers chefs de mouvements de résistance contre la France et l’Espagne au Maroc et l’icône des mouvements indépendantistes luttant contre le colonialisme.
Asilah se libéralise définitivement en 1956, date de l’indépendance du Maroc.
Mohamed Ben Aissa, l’actuel Ministre es Affaires Etrangères et son ami Mohamed El Melihi célèbre artiste plasticien, fondent en 1972 l’association El Mouhit.
Cette association à caractère artistique et culturel offre à la ville un réel espace de rencontre et de dialogue.
Durant le festival culturel international, tous les murs de la médina se recouvrent de fresques réalisées par des peintres célèbres.
Artistes et intellectuels de renommée internationale se donnent rendez-vous chaque année durant ce « moussem » avec une liberté de ton et de verbe sans égal, animant des ateliers de gravure et de peinture pour enfants et adultes, dénichant les talents en herbe et organisant des tables rondes et ce, toujours dans un cadre d’échange et de recherches dans les dédales des étroites ruelles parsemées de lumière et transformées pour l’occasion en une galerie d’art en plein air.
Au-delà de ce festival qui a perçu la personnalité de cette petite ville, Asilah peut s’enorgueillir aussi de son université Al Mouâtamid Ibn Abbad, de son centre de recherches sur l’Afrique, de son palais de la culture de son Centre Hassan II, des rencontres internationales, de sa Bibliothèque du Prince Bandar Bin Sultan.
Petite ville de pêcheurs et cité balnéaire, Asilah est connue pour ses sels marins riches en iode et dotés de vertus thérapeutiques contre la maladie du goitre.
Son économie était tout d’abord construite autour d’un petit port de pêche artisanal.
Appelée a devenir une destination touristique de haute importance vu les grands projets annoncés et en cours, Asilah a tous les atouts pour plaire : ses remparts édifiés par les Portugais donnant d’un côté sur la mer, et de l’autre sur la ville, ses trois portes monumentales permettant d’entrer dans la médina, son patrimoine architectural militaire, ses diverses boutiques qui font l’étalage de leurs produits et surtout sa propreté inégalée que l’on ressent à travers ses murs bruts mais flambant neufs contrastés au bleu du ciel et de l’océan.
Bourj El Kamra est l’un des monuments le plus important de la médina d’Asilah ayant jadis abrité une bibliothèque, une salle de topographie, une prison et une salle de réserve pour le blé et autres aliments.
A elle seule, la tour représente le symbole d’une architecture portugaise pendant l’occupation d’Asilah. Récemment rénovée, elle confère à la ville son identité de l’époque.
Bourj El Krekiya est un autre monument -repère- à Asilah. En haut de cette tour, vous pouvez apprécier une vue panoramique sur l’Atlantique, ses rochers et falaises qui attirent les amateurs de pêche.
Construite en 1912, Bab El Kasba est construite sous la domination espagnole.
Elle est symboliquement considérée comme étant la porte « culturelle » de la ville puisque c’est par elle que vous pouvez avoir accès aux espaces Culturels dans la Médina.
Raïssouni, un personnage atypique dans l’histoire d’Asilah !
Pour construire son palais, il fait appel aux professionnels les plus renommés en matière de peinture, sculpture sur plâtre et sur bois ainsi qu’à des grands artisans de « zelliges ».
Son intérieur riche en décoration symbolise la conception architecturale arabo-musulmane et Andalouse.
Fasciné par le pouvoir et l’autorité suprême au sein de son peuple, Raïssouni avait décidé en son temps de marquer sa vie tel un sultan et c’est à travers son palais situé dans un lieu stratégique à Asilah qu’il forge son empire.
Est un lieu historique de la ville d’Asilah mais aussi un lieu de promenade agréable puisque cet espace commercial a su conserver son cachet de l’époque.
Tous les habitants de la ville et des alentours viennent y faire leurs achats. On y trouve des marchands de tissus, des orfèvres, des produits d’artisanat.
Collées les unes aux autres, ces petites boutiques présentent leurs objets dans une harmonie digne des mille et une nuit. Vous y arriverez en franchissant Bab El Houmar, l’une des portes principales de la ville. Cette même porte vous ouvre le chemin pour découvrir la Médina et vous conduit jusqu’à l’espace culturel de la ville.
Durant l’été 1415, Ceuta tombe sous les mains des portugais.
En 1471, ils s’emparent de Tanger. Une prise qui leur vaudra de devenir les maîtres du détroit de Gibraltar. Ces navigateurs jalonnent la côte atlantique marocaine d’établissements fortifiés en passant par Safi, Agadir, Essaouira.
Arrive ensuite la dynastie des Saâdiens qui lancent contre ces imposteurs une véritable guerre sainte. Agadir est récupérée par Mohammed Cheikh en 1541.
En 1578, dans un dernier sursaut, Dom Sebastien, roi du Portugal et allié du sultan El Moutawakil, lance vingt mille hommes dans la « bataille des Trois Rois » près d’Asilah. Il y trouve la mort tout comme son allié et son adversaire, le sultan Abdelmalek.
C’est ainsi qu’a démarré le règne d’Ahmed El Mansour, seul rescapé de cette bataille et surnommé le « Victorieux ». (1578-1603).
La date de la « bataille des Trois Rois » est encore célébrée chaque année sous le nom de « Oued el Makhazine ».